11 mai 2010

Villes en Transition…

Category: Expression libreRomain Prioux @ 17 h 12 min

Regroupant aujourd’hui plus de 300 initiatives, le réseau des Villes en Transition (Transition Network) propose à tout citoyen d’un territoire (que ce soit un village, une commune, une ville ou le quartier d’une ville) d’anticiper le proche pic pétrolier en apportant des éléments de réponse en terme d’initiatives, d’outils, de visions et d’échanges.

Les termes abordés sont clairs, les idées nombreuses et parfois utopistes. Mais, pour reprendre Dennis Meadows, un des co-auteurs du rapport Halte à la croissance ? : « Si vous envisagez la quantité de changements qui se sont déroulés pendant les cent dernières années (sociaux, techniques, culturels, politiques, environnementaux, urbains), il y en a moins que vous n’en verrez pendant les vingt prochaines années. » Voire même dans les deux prochaines années…

Parcourir le site : http://www.villesentransition.net/

Romain Prioux

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11 mai 2010

Le Grenelle vu par les opposants aux éoliennes

Category: Expression libreDominique Musslin @ 9 h 23 min

Ce mardi 4 mai, au moment où l’assemblée débutait l’examen du Grenelle 2, la SPPEF organisait un colloque intitulé « le paysage façonné par le Grenelle ».

La matinée, plutôt consensuelle, était consacrée à un ensemble d’interventions et de débats sur les effets des nouvelles règles d’urbanisme sur le paysage.

L’après midi a été beaucoup plus polémique et a été l’occasion pour ces associations de défense des paysages de développer de multiples arguments pour remettre en cause l’utilité économique et énergétique des éoliennes. Un état assez complet de ces thèses a pu être établi grâce aux travaux de techniciens d’une association animée « sauvons le climat ». Cette association développe un argumentaire technique tendant à démontrer le peu d’intérêt de l’énergie éolienne. Sa thèse est très certainement contestable, mais on ne peut que regretter l’absence de débat public sur ces questions qui permettraient aux citoyens de confronter ces différentes thèses de façon objective.

La démarche administrative qui a plus particulièrement servi de points d’appui à la SPPEF est le projet de schéma régional des énergies renouvelables de la Région Centre, initié par le préfet. Dans le cadre de celui-ci, est apparue la notion de zones d’exclusions pour l’implantation d’éoliennes et ce pour des raisons de protection du patrimoine et des paysages remarquables. Le schéma en question est gelé dans l’attente du vote de la loi.

Ayant été appelé à intervenir le matin, durant une séquence très calme du colloque, j’ai été frappé par le « climat » très agité de l’après-midi. J’ai pu ainsi mieux mesurer pourquoi les opposants aux éoliennes déployaient une telle énergie lors des projets d’implantations. Le fait que l’implantation d’éoliennes relève de procédures très « souples » ne constituent pas une garantie de débat de qualité. Il n’est pas certain que le fait de leur donner le statut d’installations classées y change grand-chose. Le mouvement de révolte est en effet extrêmement bien organisé par un réseau de bénévoles.

Dominique MUSSLIN
Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France, association reconnue d’utilité publique, http://sppef.free.fr
Le blog de Sauvons le climat : http://www.sauvonsleclimat.typepad.fr/

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04 mai 2010

Des terres et des hommes…

Category: Expression libreNathalie Fernandez @ 17 h 16 min

Les cinémas de l’aire urbaine ont présenté un cycle de trois documentaires, intitulé  «  La terre…, et demain ? » diffusé du 28 avril au 4 mai dans l’aire urbaine.Tour à tour, Dominique Marchais, Coline Serreau et Raymond Depardon nous font découvrir le monde agricole à travers de nombreux récits d’agriculteurs, chercheurs, écrivains.. un portrait d’un secteur en devenir qui  tente de résister aux bouleversements économiques, scientifiques et sociaux.

« Nous sommes paysans par vocation, désormais cela ne semble plus suffir aujourd’hui, car les contraintes sont de mise… »

Valorisation des espaces agricoles et écosystème

Le documentaire « Le Temps des grâces » signé de Dominique Marchais. Le réalisateur, a sillonné la France pour filmer des paysages et donner la parole à une large palette d’interlocuteurs, il s’interroge, à savoir « l’agriculteur d’aujourd’hui est-il un artisan ou un industriel ? »

Le plan Marshall, au début des années 1950 additionné à une inflation plafonnée à 14 % dans les années 1980, ont conduit les agriculteurs vers un course infernale à la modernisation vers l’industrialisation, en terme de quotas laitiers et céréaliers..on parle alors de productivisme  et de croissance. C’est ainsi que les lobbying agro- alimentaires semblent prendre le pas et freinent l’agriculture biologique durable…pourtant « La France ne doit pas nourrir le monde, le monde doit se nourrir par lui-même » nous nous devons de généraliser une agriculture bio qui lutte contre l’utilisation de pesticides en tout genre, néfastes pour l’environnement et la vie des sols. Tout cela dans une logique qui lutte contre « le dupping du paysan pauvre »  valorisant la France des terroirs.

Rendre la terre fertile à nouveau, retrouver un équilibre écologique doit passer par une volonté politique assez forte pour s’opposer aux lobbies agrochimiques. Comme le résume une microbiologiste : « Le microbe travaille gratuit. Le vivant n’est pas brevetable. Le durable n’est pas rentable. La nature a une gratuité qui est gênante aujourd’hui. »

Par ailleurs, l’auteur critique la disparition des CTE contrat territorial  d’exploitation, en vogue fin des années 1990, remplacés en 2003 par les contrats d’agriculture durable, il évoque alors que « l’entretien du  paysage ne nourrit pas ou plus.. »

Un producteur artisan de fromage dans le Gard souligne la valorisation des espaces ouverts qui participent à la mise en scène du patrimoine urbain et architectural. Ils sont garants de l’équilibre entre les différents éléments de composition du paysage. Ce dernier soulève le fait que les productions en circuit court, l’agriculture périurbaine, les productions  bio sont porteuses d’évolutions des pratiques et de prise en compte de l’activité agricole dans les projets de territoire.

Aujourd’hui, le berger n’est plus seul avec son troupeau et son espace, il partage ses terres avec de nombreux acteurs, les « consommateurs » de nature : touristes, amateurs de produits ruraux, chasseurs, la faune et la flore sauvage….

Le sol doit être un bien public..

Le sol doit redevenir un bien public et non privé, le pouvoir du foncier doit revenir aux communes, c’est ainsi que « l’urbain doit requestionner la qualité de la campagne » afin de rester en intelligence avec les lieux de façon à ce que la modernité ne soit plus synonyme de chao. Cependant, les urbanistes s’interrogent à savoir « est-ce que l’urbanisation et l’industrialisation n’ont-ils pas commis l’irréparable ?

Profil de paysan, chronique d’un peuple oublié..

Le cinéaste-photographe, Raymond Depardon, nous entraîne à la découverte des fermes occitanes dans les Cévennes, propose des rencontres de familles du monde rural, qui pour la plupart sont à la retraite et se retrouvent confrontées aux problèmes de transmission du patrimoine  A l’image de Louis Bress, 85 ans vivant seul dans un hameau de quatre habitants, à la ferme du Villaret. Cet homme usé par le temps qui passe a tout donné pour son domaine agricole.

« les trésors cachés de ces hommes percés par la solitude.. »

Les dialogues avec le vétérinaire de campagne, l’infirmière, le marchand de bestiaux prennent une dimension particulière au vue des  rares visites,  dans ces lieux peu fréquentés. La solidarité entre habitants semble palier à cette solitude ambiante du quotidien et du temps qui passe.

Ensuite, à Grizac en Lozère, l’auteur nous livre le témoignage poignant de Marcelle, 80 ans qui loge un jeune couple  décidé à reprendre la ferme. Les jeunes repreneurs d’exploitation se font rares, seuls subsistent les plus désireux de prolonger le travail de leurs ancêtres qui vivaient dans les montagnes et villages retranchés.

Le départ de Louis

L’ultime séquence du documentaire met en scène la mort de Louis Bress, enterré sur ses terres familiales selon la tradition protestante. Une mort sans héritage ni testament..qui nous renvoie à la question des successions et transmissions du patrimoine agricole en voix de disparition..

Du global au local..

Au final, le documentaire de Colinne Serreau réalisé en partenariat avec l’association Colibris http://www.colibris-lemouvement.org/, mouvement pour la Terre et l’humanisme nous prouve que des solutions durables en terme de production agricoles saines existent, elle fait référence notamment à des expériences encourageantes au Brésil en Inde et en Ukraine  (cf : Paysans sans terre, Kokopelli en Inde, M. Antoniets en Ukraine)

« Le citoyen doit reprendre son pouvoir »

Des témoignages d’hommes et femmes à travers le monde qui se battent pour préserver nos terres; Acteurs du changement, les paysans, biologistes, économistes ou philosophes présentés ici partagent leurs expériences de terrain. Au travers de  cette société nouvelle, encore latente, encore minoritaire, l’homme doit reprendre sa place et agir en tant qu’éco-citoyen.

Au sein de l’aire urbaine, nous saluons la présence et l’enthousiasme d’initiatives locales. Des  associations locales telles que « du champ à l’assiette  » un collectif de consommateurs écologiques, « la corbeille paysanne«   regroupement d’agriculteurs locaux qui ont ouvert une boutique à Audincourt en 2005. « Vergers vivants » association créée en mars 2006, qui s’est donnée pour ambition de fédérer les différents acteurs (collectivités, associations, particuliers) qui travaillent à la préservation du patrimoine fruitier http://www.vergers-vivants.fr/index.php

Nathalie FERNANDEZ

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